Thèmes – Formation – Formation professionnelle

Conférence sur les places d’apprentissage: stratégie pour l’avenir

À la Conférence sur les places d’apprentissage, les partenaires prennent chaque fois des décisions stratégiques fondamentales concernant la formation professionnelle. Travail.Suisse, l’organisation faîtière indépendante de 170’000 travailleurs et travailleuses, est heureuse de constater que cette année encore la Conférence a donné de nouvelles impulsions. suite

La formation professionnelle est tenue de réagir à temps aux nouveaux défis. Ainsi seulement, elle reste capable d’anticiper, de tenir dûment compte des besoins de l’économie en main-d’œuvre qualifiée tout en restant attirante pour les jeunes et les jeunes adultes. De l’avis de Travail.Suisse, quatre décisions de la Conférence sur les places d’apprentissage1 sont particulièrement importantes.

Rapport général sur la formation de rattrapage

La loi sur la formation professionnelle prévoit la possibilité d’une formation de rattrapage. Dans sa forme actuelle, elle n’envisage pas cependant de la promouvoir systématiquement. Pourtant, si l’on considère l’évolution démographique et le manque prévisible de main-d’œuvre, le marché du travail dépend de plus en plus de cette formation de rattrapage, notamment celle de personnes qui ne possèdent aucun premier certificat de formation professionnelle. En réclamant un rapport général sur la formation de rattrapage, la Conférence sur les places d’apprentissage pose le premier jalon d’une promotion systématique et ciblée de cette formation. Travail.Suisse est convaincue que cette promotion de la formation de rattrapage des personnes sans certificat de formation professionnelle doit devenir un des sujets principaux de la politique de formation ces prochaines années. Un diplôme professionnel n’améliore pas seulement de manière durable la qualité de vie des personnes qui l’obtiennent, mais il est aussi bénéfique pour la société et contribue à pallier le manque de main-d’œuvre qualifiée que l’évolution démographique laisse prévoir. L’autre face de l’alternative, si l’on néglige la formation de rattrapage, c’est d’abord une immigration plus importante et ensuite une hausse des coûts de la sécurité sociale. Des études sur la formation de rattrapage publiées par Travail.Suisse (http://www.travailsuisse.ch/fr/node/3146) le montrent.

Mesures visant à promouvoir la mobilité dans la formation professionnelle

Dans les gymnases, il va de soi que les étudiants apprennent au moins deux langues étrangères en plus de leur langue maternelle. En outre, les gymnasiens et gymnasiennes ont la possibilité d’approfondir leur connaissance d’une langue étrangère par le biais d’une année d’échange linguistique international. La situation est tout autre du côté de la formation professionnelle. Environ 50 pour cent des jeunes en apprentissage professionnel sans maturité professionnelle ne sont soumis à aucune exigence en matière de langues étrangères. Dans le domaine des arts et métiers, la proportion atteint même 80 pour cent ! En outre, dans la formation professionnelle, les programmes d’échange et de mobilité ne font pas partie de la tradition. Du fait que la mobilité et l’étude des langues étrangères ne jouent qu’un rôle mineur dans la formation professionnelle, la Suisse a peu de chances de bien préparer ses apprentis à affronter le marché du travail européen et une formation continue. On attend d’eux de plus en plus qu’ils puissent comprendre et se faire comprendre en plusieurs langues et soient à même d’évoluer dans des contextes multiculturels. Travail.Suisse salue donc clairement les mesures prises pour encourager la mobilité dans la formation professionnelle.2

Renforcer la formation professionnelle supérieure et la maturité professionnelle

La haute qualification des professionnels grâce à la formation professionnelle supérieure et à la maturité professionnelle ouvrant sur les hautes écoles spécialisées est un facteur important pour la qualité, la productivité et la créativité de notre économie. Il est absolument nécessaire de les renforcer de manière à ce que leurs avantages soient connus aux niveaux national et international et que ces filières de formation soient reconnues comme équivalentes aux voies de formation générale. Pour atteindre cet objectif, Travail.Suisse estime qu’il serait judicieux que le futur Secrétariat d’Etat intègre mieux les partenaires. Il serait possible pour cela de faire appel à l’article 55.3 de la loi sur la formation professionnelle et de demander au Conseil fédéral que soient financés dorénavant par le biais de l’article 54 les projets spécifiques et novateurs des partenaires, visant à mieux positionner la formation professionnelle sur la scène internationale. Actuellement, il manque à la loi sur la formation professionnelle la notion de responsabilité des partenaires dans le positionnement international de la formation professionnelle. Cette demande devrait être présentée habilement lors d’une révision de la loi.

Utiliser davantage le potentiel des migrantes et des migrants

La Conférence sur les places d’apprentissage prévoit aussi de mieux utiliser le potentiel des migrantes et des migrants dans la formation professionnelle. Le projet de recherche MIRAGE <Les migrants qui gravissent les échelons sociaux >, de l’Université de Fribourg, donne d’importantes indications à ce propos. Il recommande notamment de laisser tomber les perspectives de déficit évoquées jusqu’à maintenant, de se focaliser sur le potentiel des migrantes et des migrants et de viser une promotion plus ciblée et plus « percutante » de la formation professionnelle. En recourant à des mesures ciblées de sensibilisation et de communication, il faut encore faire mieux connaître, et plus particulièrement aux immigrantes et immigrants, les possibilités variées de formation professionnelle3. À ce propos, Travail.Suisse s’est attelée à mettre sur pied un projet sur le thème de la « Formation des parents de langue étrangère : choix d’une profession et recherche de places d’apprentissage », en collaboration avec l’association faîtière des organisations de migrants (www.fimm.ch). Nous espérons que la Confédération soutiendra ce projet.

1http://www.news.admin.ch/NSBSubscriber/message/attachments/28789.pdf

2http://www.news.admin.ch/NSBSubscriber/message/attachments/28781.pdf

3http://www.news.admin.ch/NSBSubscriber/message/attachments/28789.pdf , page 2/4.

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02 décembre 2012, Bruno Weber-Gobet, Responsable politique de formation Drucker-icon

Pousser la formation de rattrapage

A la Conférence sur les places d’apprentissage, les partenaires concernés prendront des décisions stratégiques de fond concernant la formation professionnelle. Travail.Suisse se réjouit que les partenaires veulent élaborer un rapport général sur les possibilités, chances et coûts de la formation de rattrapage et faire ainsi un premier pas pour son développement. suite

La loi sur la formation professionnelle prévoit la possibilité de formations de rattrapage. Mais dans sa forme actuelle, elle ne prévoit pas qu’il faille la développer. Le marché du travail est toutefois, au vu de l’évolution démographique et du manque de personnel qualifié qui se profile, de plus en plus tributaire de formations de rattrapage, en particulier de personnes qui ne disposent d’encore aucune première formation professionnelle.

Un premier pas vers une importante nouveauté

En demandant un rapport général sur la formation de rattrapage, la Conférence sur les places d’apprentissage pose un premier jalon pour une formation de rattrapage ciblée et voulue. Travail.Suisse est convaincu que la promotion de la formation de rattrapage de personnes sans première formation achevée doit être un des thèmes centraux de la politique de formation des prochaines années. Un titre professionnel n’améliore pas seulement durablement la qualité de vie des personnes concernées mais profite aussi très clairement à la société et contribue à atténuer la pénurie de personnel qualifié prévisible due à l’évolution démographique. L’alternative à plus de formation de rattrapage est d’avoir primo plus de migration et, secundo, des coûts de sécurité sociale plus élevée. C’est ce que montrent des études que Travail.Suisse a publiées sur le thème de la formation de rattrapage (www.travailsuisse.ch/de/node/3145).

23 novembre 2012, Bruno Weber-Gobet, Responsable politique de formation Drucker-icon

Encourager la mobilité et les langues étrangères dans la formation professionnelle

Lors de la conférence sur les places d’apprentissage qui aura lieu le 23 novembre 2012, un rapport sur l’encouragement de la mobilité et des langues étrangères dans la formation professionnelle sera discuté et, espérons-le, également adopté. Travail.Suisse espère que ce rapport servira de catalyseur aux diverses initiatives proposées dans ce domaine. suite

Il est évident qu’au gymnase les étudiants apprennent au moins deux langues étrangères en plus de leur langue maternelle. En outre, les collégiennes et collégiens ont la possibilité d’apprendre une langue étrangère de manière plus approfondie grâce à une année d’échange international. La situation est tout autre du côté de la formation professionnelle. Environ 50 % des jeunes en apprentissage sans maturité professionnelle ne sont nullement encouragés ni obligés d’apprendre les langues étrangères. Ils sont même près de 80 % dans le secteur de l’industrie et de l’artisanat! De plus, les programmes d’échange et de mobilité dans la formation professionnelle ne font guère partie de la tradition.

Les besoins sont croissants sur le marché du travail

Du fait que la mobilité et l’apprentissage des langues étrangères ne jouent qu’un rôle secondaire dans la formation professionnelle, la Suisse passe à côté de nombreuses occasions de bien préparer ses apprentis pour le marché européen du travail, et de bien préparer la formation continue: car aujourd’hui en Europe, on attend de plus en plus souvent des apprentis qu’ils se fassent comprendre en plusieurs langues et qu’ils puissent évoluer dans des environnements multiculturels.

Trouver des solutions créatives plutôt qu’augmenter les leçons

Toutefois, ce ne sera pas en augmentant le nombre d’heures de cours dans les écoles professionnelles spécialisées que l’on satisfera à l’exigence, dans la formation professionnelle, de davantage de mobilité et davantage de langues étrangères. Il faut emprunter d’autres voies. Pour Travail.Suisse, ce sont surtout les initiatives suivantes qu’il faut renforcer ou développer :

Renforcer l’enseignement bilingue: une possibilité consiste à enseigner certaines disciplines scolaires dans une langue étrangère. En quelque sorte, on apprend alors deux choses d’un seul coup: la matière en question et une langue étrangère. À cet égard, deux modèles peuvent entrer en jeu: le modèle d’enseignement bilingue, où l’on parle, on lit, on écrit en français et à environ 30% dans une langue étrangère. L’enseignant-e introduit par exemple un nouveau thème tout d’abord en français, puis l’approfondit grâce à des activités menées dans une langue étrangère. Dans le second modèle, nommé immersion, des disciplines entières sont enseignées dans une langue étrangère pendant une assez longue période. Les expériences actuelles en matière d’enseignement bilingue sont à prendre en compte et à considérer de manière à ce que les écoles professionnelles soient de plus en plus nombreuses à envisager la possibilité d’opter pour ce genre d’enseignement.

Mettre des fonds à disposition pour des projets: la Fondation ch, qui dispose de fonds destinés à des programmes de mobilité, a évidemment toute son importance dans le développement de la mobilité et de l’encouragement des langues étrangères. Il lui faut encore mieux réussir à adapter ses prestations de services aux besoins de la formation professionnelle et présenter ses offres de manière à ce que dépenses et recettes s’équilibrent pour les entreprises et les écoles qui souhaitent mener des projets de mobilité. De même, l’encouragement de projets de l’Office fédéral de la formation professionnelle et de la technologie OFFT doit prévoir, en vertu des articles 54 et 55 LFPr, des fonds en faveur de l’incitation financière de projets novateurs dans ce domaine.

Nommer des délégués à la mobilité: afin que l’idée de l’encouragement de la mobilité et des langues étrangères puisse mieux réussir à s’imposer dans la formation professionnelle, il y a lieu de nommer des « délégués à la mobilité » au sein de la Confédération, des cantons et des organisations du monde du travail. Ces personnes devront veiller à ce que la question reste à l’ordre du jour dans leur contexte, et que les démarches possibles en vue d’encourager la mobilité et les langues étrangères soient entreprises. Sous ce rapport, la Confédération a une responsabilité particulière : elle doit veiller à ce que les « délégués à la mobilité » des différents partenaires soient regroupés dans un solide réseau.

Instaurer un pilotage: il faut instaurer un pilotage quant au développement dans le domaine de l’encouragement de la mobilité et des langues étrangères dans la formation professionnelle. Ce pilotage doit permettre d’évaluer régulièrement, sur le plan statistique et scientifique, l’évolution accomplie dans ce domaine. Pour la première fois, un état des lieux sera publié dans le Rapport sur l’éducation en Suisse 2014.

Un cours pilote chez Travail.Suisse

L’an prochain, Travail.Suisse offrira par le biais de sa commission de la jeunesse un cours pilote, dans lequel des compétences en langues étrangères pourront également être acquises lors de l’étude de la question : « Ce que je dois savoir au seuil du monde professionnel ». Le cours sera donné en trois langues et tous les documents seront distribués en italien, en français et en allemand. Toutefois, une seule langue nationale sera introduite dans les différentes séquences.

Etant donné que ce cours sera fréquenté par des jeunes (et des formatrices et formateurs) provenant de toutes les régions linguistiques, ceux-ci pourront s’entraider mutuellement à comprendre les contenus.

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19 novembre 2012, Bruno Weber-Gobet, Responsable politique de formation Drucker-icon

Pauvreté : imposer le rattrapage en matière de formation et augmenter les allocations familiales

En Suisse, le taux de pauvreté absolue est descendu à 3,5 pour cent. Mais le risque de tomber dans la pauvreté, 7,7 pour cent, reste relativement élevé en comparaison européenne. Il apparaît une fois de plus que les travailleurs et travailleuses sans certificat de formation professionnelle et les familles sont, plus que la moyenne, fortement touchés par la pauvreté. Travail.Suisse, l’organisation faîtière indépendante représentant 170’000 travailleurs et travailleuses, réclame une offensive en matière de rattrapage de formation et une augmentation substantielle des allocations familiales. suite

En Suisse, le taux de pauvreté absolue a diminué entre 2008 et 2010. Nouvelle positive certes, mais qui ne doit pas porter à l’euphorie. En effet, 3,5 pour cent du total des travailleurs et des travailleuses et des familles demeurent au-dessous du seuil de pauvreté, fixé à 2’250 francs, respectivement 4’000 francs. Le risque relatif de tomber dans la pauvreté reste à 7,7 pour cent, comparativement élevé donc. En comparaison internationale, la Suisse n’est dépassée que par les pays du Sud et de l’Est de l’Europe.

Absence de formation : piège à pauvreté

Sans certificat de formation professionnelle, 15 pour cent des travailleurs et travailleuses sont menacés de tomber dans la pauvreté. Ils souffrent de conditions de travail précaires et d’engagements de durée limitée. Plusieurs raisons à cela :

- Premièrement, ces travailleurs et travailleuses n’ont pratiquement aucune chance d’obtenir un salaire qui couvre leurs besoins de subsistance. Travail.Suisse a montré en 2009 déjà dans une étude (BASS 2009) qu’un travailleur sans formation postscolaire gagnait en moyenne 1’500 francs de moins par mois que celui qui avait un CFC, soit 20 à 30 pour cent du revenu. Il ne faut donc pas s’étonner si des personnes sans formation sont souvent pauvres, alors même qu’elles exercent une activité rémunérée, et notamment si elles ont une famille et doivent donc subvenir aux besoins de leurs enfants.

- Deuxièmement, les travailleurs et travailleuses sans formation sont fortement désavantagés sur le marché du travail. Les demandes d’emploi qui ne sont pas accompagnées d’un certificat de formation professionnelle n’ont en principe aucune chance. Et puisque, de plus, beaucoup d’offres de formation continue ne sont accessibles qu’aux personnes qui ont terminé une première formation, cette voie, qui permet d’améliorer ses chances sur le marché du travail (et sa rémunération), est fermée. Des périodes de chômage à répétition et une absence de formation continue augmentent finalement le risque que les personnes concernées se retrouvent au chômage pour une longue durée, ou se voient carrément exclues du marché du travail.

- Troisièmement, même des travailleurs et travailleuses insuffisamment formés mais qui, à force de travail et grâce à leurs bonnes prestations, ont réussi à occuper une meilleure position professionnelle et reçoivent un bon salaire, sont menacés. S’ils se retrouvent un jour au chômage, il ne leur est guère possible de trouver un nouvel emploi, à un échelon comparable et avec un même salaire.

En outre, tous les problèmes liés à une insuffisance de formation deviennent toujours plus aigus avec les changements structurels de l’économie. Seul, celui qui dispose d’une formation et d’une expérience est en mesure de maîtriser les changements qui affectent le marché du travail.

Une offensive dans le rattrapage en matière de formation est nécessaire

La principale mesure susceptible d’atténuer la pauvreté des travailleurs et travailleuses sans certificat de formation consisterait à imposer le rattrapage professionnel des adultes. Cette exigence a déjà rapporté quelques succès à Travail.Suisse. Dans de nombreux cantons, la validation d’acquis de formation dans certaines professions choisies est en cours. C’est un instrument qui permet aux travailleurs d’acquérir après coup un certificat de capacité professionnelle, dans un délai utile, et pour une dépense supportable. Le nombre annuel des certificats résultant de cette validation se monte à 500 environ à ce jour, ce qui est très modeste, pour ne pas dire totalement insuffisant.

Pour que le rattrapage acquière une plus grande puissance de réalisation et que la validation des prestations de formation devienne la norme, Travail.Suisse demande au Conseil fédéral de lancer une initiative de formation analogue pour relever le taux de formation des jeunes à 95 pour cent d’une volée. Pour cela, il faut d’abord un engagement de la Confédération, des cantons et des partenaires sociaux, puis des buts quantitatifs – Travail.Suisse réclame 3’000 certificats de capacité professionnelle par an pendant dix ans – et enfin un organe de surveillance pour contrôler exactement que les buts quantitatifs ont été atteints.

C’est ainsi seulement que la validation d’acquis de formation et le rattrapage professionnel deviendront des éléments naturels du paysage de la formation en Suisse et constitueront une contribution effective à la lutte contre la pauvreté.

Les enfants restent un facteur de pauvreté

Le second grand groupe de risque en termes de pauvreté est constitué par les familles. Le taux de pauvreté y est de 14,4 pour cent, c’est-à-dire presque égal à celui des travailleurs et travailleuses sans formation. Les familles monoparentales sont particulièrement touchées avec un taux de pauvreté de 25,7 pour cent. Deux principales raisons à cet état de fait :

- La première, c’est que les enfants constituent un facteur de risque de pauvreté pour certaines familles, puisque les enfants coûtent cher. Selon l’Office fédéral de la statistique (OFS), les coûts d’un premier enfant s’élèvent à 819 francs par mois. Deux enfants coûtent chacun 655 francs, soit 1’310 francs par mois pour la famille, et avec trois enfants on atteint même 1’583 francs, soit 528 francs par enfant. Une telle charge supplémentaire n’est pas facilement supportable pour beaucoup de travailleurs et travailleuses aux salaires bas ou même moyens, et peut les faire tomber rapidement au-dessous du seuil de pauvreté.

- La seconde raison des difficultés financières que rencontrent beaucoup de familles, ce sont les coûts indirects des enfants, essentiellement la baisse de revenus, due à la cessation ou à la réduction de l’activité salariée de la mère (rarement celle du père). Les travailleurs et travailleuses à temps partiel exercent souvent des jobs peu rémunérés et, la plupart du temps, ne font pas carrière, ce qui augmente encore, avec le temps, la diminution de salaire. Selon l’Office fédéral de la statistique (OFS), le salaire d’un couple avec deux enfants se réduit en moyenne de 1’400 francs. Si cette réduction s’ajoute aux coûts élevés des enfants, l’équilibre financier est rapidement perturbé.

Aux difficultés financières nées pendant la phase d’éducation des enfants, s’ajoute ultérieurement le fait que les contributions aux assurances sociales diminuent proportionnellement à la baisse des revenus et que la couverture sociale se réduit.

Augmenter les allocations familiales

Grâce à l’initiative lancée par Travail.Suisse « Pour de plus justes allocations pour enfants ! », il existe maintenant une allocation pour chaque enfant en Suisse. À l’échelle fédérale, des sommes minimales ont même été fixées pour les allocations familiales et les allocations de formation. Elles se montent aujourd’hui à 200 francs pour les premières, et à 250 francs pour les secondes, mais ne suffisent de loin pas à compenser les coûts et les diminutions de revenu des familles. Travail.Suisse demande donc une nette augmentation des allocations familiales à 350 francs et des allocations de formation à 500 francs par enfant. Ainsi seulement, les familles pourront être protégées de la pauvreté, et leurs prestations incalculables en faveur de la société seront reconnues comme elles le méritent.

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19 novembre 2012, Martin Flügel, Président Drucker-icon

Valeur de la formation professionnelle: affermir notre positionnement international

Les filières de formation générale et les voies de formation professionnelle doivent jouir en Suisse d’une reconnaissance sociale équivalente. C’est ce que la Constitution fédérale affirme sans ambiguïté dans son article 61.a al. 3. Cette disposition le dit clairement : il n’y a pas de formation meilleure ou moins bonne. A l’échelle de la Suisse, cette manière de penser est largement répandue, à défaut d’être unanimement défendue. A l’échelle internationale, par contre, la formation professionnelle souffre encore et toujours d’un déficit de reconnaissance. Du point de vue de Travail.Suisse, il faut donc redoubler d’efforts pour mieux positionner la formation professionnelle au niveau international. suite

La libre circulation des personnes fait que la Suisse appartient au marché du travail européen. En d’autres termes, la Suisse forme aujourd’hui sa jeunesse pour le marché européen. Si ces jeunes, formés en Suisse, postulent un emploi en Suisse ou dans l’UE, ils se retrouvent, en vertu de la libre circulation des personnes, en concurrence avec des personnes formées dans d’autres pays. Pour triompher dans cette situation de concurrence pour un emploi, il faut que la formation acquise auprès d’un employeur soit acceptée et reconnue comme étant « de valeur ».

Formation professionnelle : formation de niveau inférieur ?

Si la Suisse souhaite que les voies de formation professionnelle obtiennent au niveau européen une reconnaissance sociale équivalente à celle qui est accordée aux formations générales (universitaires), elle doit s’affirmer sur le parquet international. Ce n’est pas simple, mais nécessaire. Sinon, la formation professionnelle perdra peu à peu de sa valeur, parce qu’elle passera pour une formation « de niveau inférieur »1.

La qualité pour base

Si la Suisse veut obtenir, au niveau international, une reconnaissance sociale équivalente pour la formation professionnelle, elle doit respecter trois points au minimum. Premièrement, la qualité de la formation professionnelle doit être incontestable. Une qualité élevée est, au demeurant, le but premier de la Suisse en sa qualité d’espace de formation2, dont la formation professionnelle fait également partie. Une absence ou une insuffisance de qualité nous empêcheront de mieux positionner la formation professionnelle au niveau international. Dans toutes les activités touchant à la formation professionnelle, la notion de qualité doit être omniprésente, comme le veut la « Charte sur le développement de la qualité dans la formation professionnelle en Suisse »3.

Compréhensibilité

Deuxièmement, la formation professionnelle de la Suisse doit être compréhensible. Il doit être clair qu’une raison majeure du succès économique de la Suisse réside dans le fait qu’elle mise sur les deux voies de formation et que leur complémentarité aboutit à des innovations et à une productivité élevée. Il faut en outre indiquer clairement le niveau de nos diplômes professionnels. Notre cadre de qualification fédéral en regard du cadre de qualification européen permet la comparaison nécessaire des diplômes en Europe. La chance offerte par le cadre de qualification doit être exploitée de manière optimale et courageuse.

Vente

Troisièmement, la formation professionnelle, en particulier la formation professionnelle supérieure, doit être vendue de manière délibérée. Il appartient au nouveau Secrétariat d’Etat à la formation, à la recherche et à l’innovation (SEFRI) d’exécuter cette tâche importante. Travail.Suisse mesurera le travail du Secrétariat d’Etat à l’aune de sa réussite à mieux « vendre » la formation professionnelle dans le contexte européen et international, c’est-à-dire à mieux la positionner et à lui gagner pas à pas une reconnaissance européenne et internationale équivalente à celle de la formation générale. Au demeurant, le film sur la formation professionnelle supérieure, produit par l’Office fédéral de la formation professionnelle et de la technologie, est un moyen de premier ordre à cet égard4, lequel devrait maintenant être utilisé à fond. Travail.Suisse est d’avis que le futur Secrétariat d’Etat serait bien inspiré d’associer davantage les partenaires à la promotion-vente. Il serait possible de recourir à cette fin à l’article 55.3 de la loi sur la formation professionnelle et de demander au Conseil fédéral de financer désormais par le biais de l’article 54 les projets spécifiques et novateurs des partenaires visant à promouvoir la formation professionnelle sur la scène internationale. Actuellement, il manque à la loi sur la formation professionnelle la notion de responsabilité des partenaires dans le positionnement international de la formation professionnelle5. On devrait en tout cas faire figurer ces questions de manière habile dans une révision de la loi fédérale sur la formation professionnelle.

1 Tagesanzeiger, vendredi, 5 octobre 2012, p.13: „Au gymnase dans le sud de l’Allemagne: la peur de l’apprentissage professionnel… La raison la plus fréquemment invoquée pour choisir l’école de l’autre côté de la frontière, c’est la réticence des Allemands à l’égard du système de formation suisse. Un apprentissage professionnel est considéré en Allemagne comme une formation de second ordre, offrant des perspectives de gain moins intéressantes. De plus, il faut une Abitur (maturité) pour accéder aux formations professionnelles supérieures. Beaucoup de pendulaires croient que leurs enfants auraient moins de chances professionnelles avec un CFC qu’avec une maturité. En Suisse, c’est parfois le contraire.“

2 Cst. art. 61.a1: Dans les limites de leurs compétences respectives, la Confédération et les cantons veillent ensemble à la qualité et à la perméabilité de l’espace suisse de formation.

3 http://www.bbt.admin.ch/themen/berufsbildung/01223/index.html?lang=de

4 http://www.bbt.admin.ch/aktuell/medien/00483/01323/index.html?lang=de

5 LFPr art. 55.3: Le Conseil fédéral peut prévoir d’autres prestations d’intérêt public pour lesquelles des subventions pourront être versées.

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05 novembre 2012, Bruno Weber-Gobet, Responsable politique de formation Drucker-icon